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L'équipe du Guanacaste Water Center en t-shirts blancs à l'emblème du centre, souriante au milieu de la forêt

9 minutes de lecture

Qu’est-ce qu’un voyage à sens ? L’exemple d’un séjour au Guanacaste, Costa Rica

Un voyage à sens remplace le décor par un rôle réel : quatre jours au Guanacaste, au Costa Rica, chez l'habitant, aux côtés du Guanacaste Water Center, pour aider un paysage assoiffé à retenir la pluie. Programme, photos, vidéo et suite possible du voyage.

Par Dario Mangano

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Qu'est-ce qu'un voyage à sens ? L'exemple d'un séjour au Guanacaste, Costa Rica

Par Dario Mangano

Il existe une manière de voyager qui ne consiste ni à cocher des monuments ni à consommer un décor : l'immersion, la rencontre réelle avec les communautés locales, le temps de comprendre un lieu. C'est l'esprit de nos voyages à sens.

Pour rendre l'idée concrète, voici l'un de ces voyages : quatre jours au Guanacaste, au Costa Rica, chez l'habitant, aux côtés du Guanacaste Water Center, une organisation locale qui aide un paysage assoiffé à retenir de nouveau la pluie.

Un paysage qui a cessé de boire la pluie

Le bassin versant du Nandamojo s'étend sur près de 11 700 hectares (environ 29 000 acres), de la communauté de 27 de Abril à la plage de Junquillal. La saison sèche y dure environ six mois, à partir de novembre, et la saison des pluies commence en mai.

Dans les années 1950 et 1960, les forêts ont été défrichées par le feu pour faire place au bétail. Privée d'arbres et d'herbes natives, la terre s'est érodée, les vallées fertiles se sont couvertes d'une couche de limon que l'eau ne traverse plus, les marais et les estuaires se sont comblés et la nappe a baissé. La rivière Nandamojo a fini par s'assécher une partie de l'année. Aujourd'hui encore, le feu et les herbicides restent les outils d'entretien les plus courants, et la région de Santa Cruz compte le plus grand nombre de feux de forêt du pays.

Résultat : un sol qui rejette l'eau au lieu de l'absorber. Les nappes se rechargent moins et, lors des années les plus sèches, certaines communautés se retrouvent sans eau potable. Le changement climatique rend les sécheresses plus fréquentes et plus sévères.

Restaurer le bassin versant, arbre après arbre et sentier après sentier, est l'une des rares actions qui fonctionnent à l'échelle d'une communauté entière. L'objectif de ce voyage n'est pas de visiter le problème, mais de passer quelques jours à faire le travail physique qui permet au paysage de redevenir une éponge.

Vue aérienne d'une forêt sèche et de pâturages au Guanacaste, avec ses îlots de végétation verte
Vue aérienne d'un cours d'eau bordé d'une bande de végétation verte, entre pâturage sec et forêt au Guanacaste

Un partenaire local engagé depuis quinze ans

Le Guanacaste Water Center est un centre communautaire d'éducation à la conservation de l'eau et des ressources, situé à Paraíso, dans la région de Santa Cruz. Géré par l'Asociación Nandamojo, une association à but non lucratif, il travaille depuis quinze ans avec les communautés locales : restauration des écosystèmes, éducation à l'environnement et protection du bassin versant le long de la rivière Nandamojo.

Guanacaste Water Center

Sa réserve naturelle de 75 hectares abrite une pépinière de reforestation et un réseau de sentiers. L'équipe, dont la direction exécutive supervise personnellement le travail de chaque groupe, s'appuie sur des guides costaricains et de la main-d'œuvre locale pour chaque activité proposée aux voyageurs.

Le centre agit aussi bien au-delà de ses murs : accompagnement des familles de la vallée pour améliorer la fertilité des sols et l'absorption de l'eau de pluie, soutien aux brigades locales de lutte contre les feux de forêt, travail en réseau avec des groupes communautaires et des institutions. La rivière Nandamojo fait partie des 26 bassins versants costariciens distingués en 2014 par le label Bandera Azul Ecológica.

Parmi ses initiatives, Bees for Trees est une petite entreprise locale née de familles apicultrices : elles tirent un revenu du miel et, en échange, reboisent 10 % de leur terrain. Le miel est vendu au centre et dans des boutiques et des cafés de plusieurs localités du pays.

L'organisation fonctionne grâce à un mélange de subventions, de dons et de soutien concret comme celui de ce voyage : travail bénévole, revenus des familles d'accueil, et une participation qui finance le temps d'un membre de l'équipe pour préparer et encadrer le travail de chaque groupe.

Groupe de visiteurs posant devant un immense ceiba, à côté d'un panneau indiquant l'accueil, la visite, la boutique et le parking
Deux hommes plantant de jeunes arbres au bord d'une rivière.

Un laboratoire vivant, pour tous les âges

Avant de planter quoi que ce soit, on comprend. Le centre fonctionne comme un laboratoire vivant : maquettes, expériences et stations pédagogiques sous un pavillon ouvert, au milieu des plantes. La visite propose de choisir trois thèmes parmi sept : changement climatique, bassins versants et eau, gestion des déchets, feux de forêt, faune de la forêt sèche tropicale (dont les serpents du Guanacaste), forêt sèche tropicale et lutte contre l'érosion. Elle comprend aussi une collation, une activité de reconnexion à la nature, une dégustation de miel et une marche facultative.

Le centre propose également des ateliers en espagnol et en anglais, des activités scientifiques pour les familles et les écoles, des sorties scolaires, une pépinière d'arbres et de plantes natives, et du conseil en restauration écologique et en aménagement paysager. On peut aussi s'y engager comme bénévole, pour une journée, quelques semaines ou quelques mois.

C'est le même esprit qui guide le séjour : comprendre d'abord, agir ensuite, au contact de personnes de tous âges.

Quatre jours pour participer, pas seulement observer

Les groupes de cinq à quinze voyageurs participent à trois sessions de travail sur les projets en cours du Water Center, et découvrent chaque après-midi une facette différente de l'histoire du Guanacaste.

·       Jour 0 (facultatif) : arrivée la veille au soir. Installation dans les familles d'accueil et rencontre de la communauté autour d'un match de football, pour commencer le voyage en se sentant déjà chez soi plutôt qu'en plein décalage horaire.

·       Jour 1, comprendre le défi. Discussion le matin sur la crise de l'eau au Guanacaste, puis première session de travail : pépinière de reforestation ou entretien des sentiers de la réserve de 75 hectares, selon la saison. L'après-midi, kayak dans l'estuaire ou randonnée guidée dans les zones de recharge du bassin versant.

·       Jour 2, explorer l'écosystème. Deuxième session le matin, puis après-midi dans une écloserie locale de tortues marines et sur la plage.

·       Jour 3, travailler avec la communauté. Dernière session aux côtés de bénévoles locaux sur un projet partagé du bassin versant, ou atelier d'éducation à l'environnement. Le soir, célébration avec les familles d'accueil et les voisins, peut-être autour d'un feu dans la réserve ou sous les étoiles sur la plage.

·       Jour 4, partager et repartir. Une matinée de bilan pour échanger sur ce que le groupe a vu et appris, avec en option, avant le retour, une balade en bateau dans les zones humides de Palo Verde.

Un bénévole devant un arbre qu'il a planté
La vie au Guanacaste Water Center

Ce que l'on fait vraiment sur le terrain

Pendant les trois sessions de travail, on plante des arbres, on entretient les sentiers et on alimente la pépinière. L'un des gestes les plus courants est la plantation de vétiver, une herbe aux racines profondes qui retient le sol, aide à capter l'eau de pluie, restaure la fertilité et stocke du carbone. Les rangs suivent les courbes de niveau, tracées avec un simple niveau en A en bois, puis les berges sont reboisées avec des essences natives.

Les photos ci-dessous viennent du travail de terrain mené avec les communautés de la vallée au fil des années : des mains dans la terre rouge, des plants en sachets, des outils simples et beaucoup de monde pour partager l'effort.

Prolonger : dix jours à travers le Costa Rica

Pour ceux qui souhaitent aller plus loin, le séjour au Guanacaste s'ouvre sur une boucle de six jours à travers les volcans et la forêt de nuages, sans retour en arrière puisqu'elle se termine près de Liberia.

Chaque étape privilégie de petits hébergements locaux et des guides certifiés par le programme de durabilité costaricain (CST) plutôt que des chaînes internationales, garde une distance respectueuse avec la faune et se fait par la route plutôt qu'en vol intérieur.

·       Jour 5, Rincón de la Vieja. À environ une heure de route, au pied du volcan. Après-midi dans des sources chaudes familiales alimentées par l'eau géothermique du volcan, sans pompes et sans complexe hôtelier.

·       Jour 6, sentiers volcaniques. Randonnée guidée dans le parc national Rincón de la Vieja, là où la forêt sèche cède la place à la forêt de nuages, près des fumerolles et des cascades. Nuit dans un petit éco-lodge sur un ranch de reforestation en activité.

·       Jour 7, vers la forêt de nuages. Transfert par la route (environ quatre heures, via Tilarán) jusqu'à Monteverde ; le même itinéraire évite de revenir par San José. Soirée dans un lodge familial.

·       Jour 8, Monteverde. Marche à l'aube avec un naturaliste local certifié dans une réserve gérée par la communauté, dont les droits d'entrée financent la conservation de la forêt : quetzals, orchidées, la forêt de nuages à son heure la plus calme. L'après-midi, visite d'une petite ferme de café ou de cacao, pour soutenir directement la famille qui la cultive.

·       Jour 9, Arenal. Route vers La Fortuna (environ trois heures), au pied du volcan Arenal. Le soir, bain dans une source chaude appartenant à la communauté plutôt que dans les grands circuits hôteliers.

·       Jour 10, faune, puis départ. Observation d'oiseaux guidée tôt le matin près d'Arenal, puis transfert vers l'aéroport de Liberia (environ trois heures) : la boucle se referme sans retraverser le pays.

Costa Rica : sources chaudes, pont suspendu en forêt de nuages et volcan Arenal

Ce que ce voyage change

·       Pour les voyageurs : une vraie compréhension d'un enjeu environnemental mondial, construite à travers une relation authentique avec une famille d'accueil plutôt qu'une version mise en scène de la culture costaricaine.

·       Pour la communauté : les familles d'accueil sont rémunérées à un tarif juste pour les repas et l'hébergement, les guides et les entreprises locales sont employés tout au long du séjour, et les fonds du voyage soutiennent directement le travail du Water Center.

·       Pour le bassin versant : trois sessions de travail réel et nécessaire, arbres plantés, sentiers entretenus, pépinière alimentée, dont les effets se prolongent bien après le départ du groupe.

Soutenir le travail du centre, même sans voyager

Si vous ne pouvez pas partir mais que cette histoire vous parle, il existe d'autres façons d'aider. Vous pouvez visiter le centre (du lundi au samedi, de 8 h à 16 h, à 1 km à l'est de la place des sports de Paraíso), vous engager comme bénévole, acheter du miel Bees for Trees ou faire un don. Selon le site du centre à la date de rédaction, un don de 20 dollars finance la plantation de 100 plants de vétiver.

Chaîne YouTube du centre

Bon à savoir

·       Groupe : de 5 à 15 voyageurs

·       Durée : 4 jours et 3 nuits (5 jours avec arrivée anticipée)

·       Hébergement : chez des familles d'accueil locales

·       Tarif : sur demande, établi par groupe

Le travail de terrain varie selon la saison et les projets en cours du Water Center. Sunshine Adventures peut adapter les dates, la taille du groupe et l'itinéraire autour du séjour, y compris la suite du voyage ailleurs au Costa Rica.

Voyager pour comprendre, et laisser une trace utile

Un voyage à sens ne cherche pas à rendre le voyageur spectateur. Il lui donne un rôle réel, aux côtés de ceux qui connaissent le territoire, et il laisse derrière lui quelque chose d'utile.

Ce voyage est conçu avec le Guanacaste Water Center et des familles d'accueil locales. Écrivez-nous et nous vous aiderons à planifier les dates, la taille du groupe et tout ce qui entoure le séjour.

Photo credit: Guanacaste Water Center / Asociación Nandamojo (use granted);

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